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    AIMÉ CÉSAIRE (1913-2013)

    AIMÉ CÉSAIRE (1913-2013)


    Poète de renommée internationale, d'envergure universelle.
    Homme politique au parcours paradoxal et quelque peu controversé 

    Ce 26 juin marque le centenaire de la naissance d'Aimé Césaire.
    L'esclavage et la domination coloniale ont introduit dans le monde des freins considérables au progrès de l'humanité, notamment le racisme à l'égard des peuples noirs, l'infériorisation culturelle des dominés en parallèle avec l'ethnocentrisme européen, le pillage des ressources et la mise sous tutelle de tout le continent africain, l'exploitation sans fin de millions d'hommes, entraînant toutes sortes de formes de sous-développement. 
    Face à cela, il fallait que de grandes voix s'élèvent pour dénoncer toutes ces injustices et proposer de nouvelles visions plus humaines du monde. Parmi tous ceux qui le firent, il y eut Aimé Césaire, héritier d'une longue résistance, depuis les cales des bateaux négriers, qui a marqué par l'empreinte de son œuvre des générations de femmes et d'hommes du Tiers Monde, au-delà des frontières de la Martinique.
    En publiant sa première œuvre majeure, "Cahier d'un retour au pays natal", Césaire mettait sa plume au service des plus démunis, mêlant sa voix à celle de tous ces peuples du Tiers Monde debout contre l'oppression, le racisme et le colonialisme. Être la voix de ceux qui n'ont pas de voix, Césaire saluait magistralement la tenue de la Conférence de Bandung : "Que s'est-il passé de mémorable à Bandung ? Ceci : qu'un milliard cinq cents millions d'hommes se sont réunis dans une ville d'Asie pour proclamer solennellement que l'Europe n'avait plus vocation pour diriger unilatéralement le monde, pour proclamer que la domination européenne sur les parties non européennes du monde avait conduit à une impasse dont il importait de sortir...".

    Assez paradoxalement, alors que la stature du poète est saluée à l'unanimité, celle de l'homme politique suscite nombre d'interrogations. 

    À l'orée des années 1950, Césaire semble embrasser le combat pour la décolonisation. Un de ses textes politiques les plus connus, c'est le Discours sur le colonialisme : "Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Le fait est que la civilisation dite "européenne" , la civilisation "occidentale", telle que l'ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance: Le problème du prolétariat et le problème colonial."

    Pour nous Martiniquais, Césaire est avant tout le maire de Fort-de-France qui a su accueillir les populations rurales chassées des campagnes au moment de la fermeture des usines à sucre et de la fin de la société d'habitation. Césaire, c'est l'assainissement et la mise hors d'eau de la ville, c'est l'équipement de quartiers populaires (Texaco, Trénelle, Volga...). Césaire est resté maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, jouissant d'une extrême popularité . 
    Mais Césaire est resté très en retrait sur la question de l'évolution institutionnelle de la Martinique, même lorsqu'il constate que le statut départemental ne répond pas aux besoins de développement et d'emplois de la jeunesse martiniquaise. Il crée un parti politique, le PPM, en 1958, et adopte le mot d'ordre d'autonomie; mais lorsque ses amis politiques arrivent au pouvoir en France en 1981, il proclame le moratoire sur la question institutionnelle. 

    La mouvance indépendantiste et le camp patriotique débordaient sur la gauche pour continuer à "bêcher" et à faire émerger la conscience martiniquaise. 

    "Les colonisations passent, les nations ne sommeillent qu'un temps , les peuples demeurent". 

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