• Épandage aérien: où est l'intérêt économique pour notre peuple?

     

    Lorsque la décision fut prise de renoncer à la culture de la canne pour se lancer dans celle de la banane,nous ne faisions que passer d'une spéculation à une autre, comme à l'époque du tabac, du café ou du cacao, renforçant une économie de comptoir fondée sur l'exportatiion d'un produit agricole, et non sur les besoins de la population. Alors, dans le cas de la banane où le bilan se révèle au grand jour comme un désastre sur le plan de la santé de notre peuple, les questions se posent de manière de plus en plus évidente:

    - Quel bilan pour notre peuple après 50 ans de production bananière, de la Sicabam à Banamart?

    - Notre agriculture nourrit-elle notre peuple?

    - Cette culture commerciale de la banane protège-t-elle notre santé?

    Force est de constater que non. Nous nous retrouvons dans la situation d'un peuple qui doit importer  une grande partie de ce qu'il consomme. Notre sol, nos rivières, notre littoral, l'eau de mer sont contaminés et les circuts de distribution internes ne peuvent plus ravitailler les marchés locaux. L'autoconsommation elle-même est en péril. Les producteurs de dachines et autres cultures vivrières en ont fait les frais. Les jardins familiaux se sont appauvris. Entraînée par les eaux de pluie, la molécule est passée du sol à la rivière qui elle-même a eu la mauvaise idée d'aller se jeter à la mer. Après nos petits paysans, ce sont nos marins-pêcheurs qui se trouvent menacés. Les poissons, les langoustes, les crabes sont pollués le long de nos côtes. Nos traditions culinaires sont de ce fait menacées de disparition. Le pêcheur du dimanche ne peut plus tendre un ligne dans la Baie des Flamands. On aurait voulu nous interdire de manger local qu'on ne s'y serait pas mieux pris. 

    La population subit directement les conséquences de l'utilisation massive des pesticides dans la culture d'un fruit, certes fragile, mais faisant l'objet de fortes spéculations sur le marché mondial. On connaît les victimes. A-t-on cherché les coupables? Comment réparer les dégâts sur notre peuple? On parle d'indemnisation et de réorientation de l'activité du pêcheur. Mais pourquoi ne pas réorienter aussi celle des "bananiers"? Pourquoi maintenir une production qui nuit gravement à notre santé, alors que des possibilités de reconversion existent, y compris dans la banane avec des variétés résistantes à la cercosporiose noire? Dernière minute: ils ont tout à coup découvert que le Brésil possédait une technique pour lutter contre la cercosporiose sans passer par l'épandage aérien!

    il est temps de sortir de cette économie datant de l'époque coloniale, fondée sur le principe qu'il fallait avant tout satisfaire les goûts des consommateurs européens, quitte à menacer gravement la santé de notre peuple et à appauvrir inexorablement nos sols, qui, dans un passé récent, ont permis à tant de persones de se nourrir sainement par la pratique du jardin créole.

    Épandage aérien: où est l'intérêt économique pour notre peuple?


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